Val Dieu et le cadre idyllique de son abbaye datant du 13ème siècle. Dans cette entreprise alimentaire belge située à Aubel, le choix de l’alternance va de soi. Alain Pinckaers, administrateur délégué, nous raconte comment sa société fait face à la pénurie de talents au travers de l’apprentissage en alternance.
Alimento : « Avez-vous déjà engagé un apprenti ? Pourquoi ? »
Alain Pinckaers : « Oui, nous avons déjà engagé sept à huit stagiaires et en accueillons chaque année au sein de notre brasserie. En grande majorité, la collaboration se déroule bien et nous leur offrons un contrat en fin d’apprentissage. Parfois, certains ont commencé en tant qu’opérateurs de production et nous surprennent par leur parcours, tant ils occupent un rôle de plus en plus important dans l’entreprise. »
Alimento : « Pourquoi accueillez-vous des élèves en alternance chez Val Dieu ? »
Alain Pinckaers : « Cela fait longtemps que nous travaillons avec ce système. Auparavant, c’était principalement pour des raisons financières : engager un jeune en alternance représentait un faible coût en termes de main d’oeuvre. Aujourd’hui, notre philosophie a complètement changé. Nous savons que la guerre des talents est rude. Trouver du personnel devient un parcours du combattant. »
« Nous faisons le choix de l’alternance car nous remarquons d’emblée si le jeune est quelqu’un de volontaire, de motivé et qui a les capacités requises pour faire carrière chez Val Dieu. En l’intégrant pas à pas dans nos petites équipes, nous le formons selon les besoins et la réalité de notre entreprise. De plus, l’alternance a pour principal avantage l’encadrement rigoureux du jeune par le monde de l’enseignement. Nous sommes très satisfaits des CEFA quant à leur suivi professionnel vis-à-vis de chaque élève qui souhaite s’intégrer chez nous. »
Alimento : « Quels ajustements organisationnels cela implique-t-il pour vous ? »
Alain Pinckaers : « Les stagiaires que nous employons en alternance ont un temps de travail en entreprise assez réduit. De ce fait, nous devons nous adapter quand ils sont à l’école et veiller à ce que chaque poste soit occupé. C’est donc un défi et il faut alors interpeller le personnel pour remplacer le jeune qui doit alors s’absenter à une telle heure pour poursuivre sa formation. De plus, sur le plan de l’apprentissage, nous devons libérer plus de temps auprès de nos salariés afin qu’ils les forment. Cela requiert aussi du temps. »
Alimento : « Comment intégrez-vous l’alternant dans les activités quotidiennes ? »
Alain Pinckaers : « On ne fait pas de différence entre ouvriers et apprentis : tout le monde fait de tout. Il faut juste agir de manière progressive avec les stagiaires. C’est une voie d’apprentissage que nous préférons favoriser avant tout pour préparer et recruter nos futurs collaborateurs en production. »
Alimento : « Selon vous, l’alternance est-elle un bon outil de pré-recrutement ? Pourquoi ? »
Alain Pinckaers : « Nous pouvons rapidement voir si le jeune présente une certaine motivation ou pas. Certains peuvent même développer leurs capacités, dépasser nos attentes et montent alors en compétences. La différence avec un recrutement classique ou via une agence intérimaire, je dirais, c’est qu’on ne peut pas exiger aux apprentis d’atteindre directement un certain taux de productivité. Et puis, nous apprenons à les connaître petit à petit. Nous pouvons de cette façon les aiguiller dans l’entreprise en fonction de leurs qualités et de leurs aspirations. Ainsi, nous leur montrons notre préoccupation vis-à-vis de leurs ambitions professionnelles. »
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