« Auparavant, nos salariés savaient quand commençait leur journée de travail, mais jamais quand elle se terminait. En période chargée, on ne comptait plus les heures supplémentaires », se souvient Iris Van Laethem, qui a repris les rênes de l’entreprise de ses parents, spécialisée dans les herbes fraîches, les fleurs culinaires et les mini-légumes.
Moins d’heures supplémentaires
La solution est venue des salariés : l’équipe a été divisée en deux groupes. Ceux qui n’ont pas d’obligations le matin commencent plus tôt et terminent généralement à une heure fixe. Les autres ont le temps de déposer leurs enfants à l’école et restent plus tard si besoin.
« Le travail est fait, les heures supplémentaires sont limitées et les clients ne voient pas de changement », se félicite Iris.
Vive la polyvalence
Opérateur un jour, support logistique la semaine suivante. L’entreprise laisse son personnel s’essayer à différentes fonctions. « Il y a un fil rouge, c’est le planning », explique Iris. « Mais les salariés sont libres de l’accomplir comme ils l’entendent. Chaque semaine, nous faisons le tour pour savoir qui veut faire quoi la semaine suivante. »
Un véritable luxe
« Je sais que je n’aurai pas de problème en cas d’absence », souligne Iris. « C’est un luxe que je dois à ce mode d’organisation. En définitive, je constate aussi une baisse de l’absentéisme, car les travailleurs savent qu’ils peuvent demander un jour de récup si nécessaire. »
Relâcher la pression
Il y a plus de 10 ans, les parents d’Iris ont réalisé un Scan Organisation. Le travail demandait une grande flexibilité de la part d’une équipe majoritairement composée de femmes, et la situation se corsait. L’entreprise a appris à son personnel à être polyvalent et a organisé le travail autrement. Et comme ce dernier est devenu plus faisable, les salariés sont restés.
Qui fait quoi ?
Iris applique encore ces principes au quotidien. Pour elle, organiser le travail, c’est d’abord se poser quelques questions simples : que fait actuellement une personne et que pourrait-elle faire d’autre ?
Elle mène des entretiens individuels, réunit les chefs d’équipe au moins une fois par semaine et aborde toujours d’abord les problèmes et les solutions avec les collaborateurs. Qu’est-ce qui s’est mal passé ? Pourquoi ? Que pourrait-on faire pour l’éviter ?
Prendre le temps
Organiser le travail intelligemment demande de la réflexion, de la concertation, de l’écoute, et surtout du temps. Mais selon Iris, ne pas prendre ce temps, c’est en perdre encore plus.
« Nous sommes passés par là. Nous avons dû nous accrocher, ne rien lâcher. Vous faites un pas en avant, et vous vous retrouvez deux pas en arrière. Et là, vos travailleurs s’en vont, et vos clients commencent à se plaindre. Une situation dont tout entrepreneur se passerait bien. »
Former pour récompenser
Pour Iris, le succès de cette méthode de travail dépend avant tout des chefs d’équipe. Elle a récemment accompagné l’un d’eux à une formation axée sur la gestion d’équipe.
« Sans figure clé, rien n’est clair et tout le monde n’en fait qu’à sa tête », déclare-t-elle « Je veux que mes chefs d’équipe se sentent sûrs d’eux, pour qu’ils puissent m’aider à faire tourner l’entreprise. Former quelqu’un afin qu’il puisse encore mieux faire son travail, c’est l’une des plus belles marques de reconnaissance qu’on puisse lui donner. »
Rien de compliqué
L’expérience de Van Laethem montre qu’opter pour une organisation différente ne doit pas être synonyme de complications. Si on collabore et qu’on partage les tâches, le travail ne repose pas toujours sur les mêmes épaules. Et finalement, c’est ça, le « travail d’équipe ».
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