Ali Chhaib, spécialiste de la diversité, nous donne six conseils pratiques :
1. L’inclusion n’est pas la porte ouverte à tout
« L’inclusion nécessite de l’ouverture, mais aussi des limites claires. Soyez à l’écoute des besoins de votre personnel et fixez dès le premier jour ce qui est possible, pourquoi et à quelles conditions. »
« Prenons l’exemple de la prière au travail », poursuit Ali. « Vous ne pouvez pas l’autoriser entre les machines, car c’est dangereux et dérangeant pour les autres. Par contre, vous pouvez prévoir un espace de silence neutre ouvert à tout le monde, pour prier ou profiter d’un moment au calme. »
2. Pensez à demain
Beaucoup d’entreprises redoutent d’affirmer leur autorité, par crainte de se voir accusées de discrimination.
« Et pourtant, lors d’une demande individuelle, il faut aussi penser aux conséquences à long terme », prévient Ali. « Que ferez-vous si, demain, huit travailleurs sur dix demandent à prendre congé le même jour ? »
3. Est-ce toujours d’actualité en 2026 ?
Demandez-vous régulièrement si vos procédures et règles tacites sont toujours adaptées à vos travailleurs actuels. « Les plus âgés doivent-ils toujours avoir la priorité pour choisir leurs congés ? Les jeunes ont peut-être prévu de participer à un festival en juillet ou en août. »
4. Valorisez pour fidéliser
Vous pouvez recruter à gogo, mais si tout le monde s’en va après deux mois, vous avez un problème. Il ne faut pas grand-chose pour valoriser quelqu’un. Parfois, un petit compliment suffit “C’était bien.”
« Vous pouvez aussi dire à vos salariés qu’ils ont contribué au succès de l’entreprise. Ça fait toujours plaisir. »
5. Fixez la limite entre l’humour et le harcèlement
« Des excuses comme “c’était juste pour rire” ou “il ne pensait pas à mal”, ça ne passe plus aujourd’hui », affirme Ali.
« Affubler quelqu’un d’un surnom, ce peut être blessant et assimilé à du harcèlement. Quand vous faites une plaisanterie, pensez au but, mais aussi à l’effet produit. Si l’on vous dit qu’un surnom est offensant, prenez-le au sérieux et abstenez-vous. »
6. Prenez conscience de vos préjugés
Ali conseille de s’interroger sur sa première réaction : « Aurais-je agi de même avec une personne d’un autre âge, d’une autre origine ou d’un autre genre ? »
Dans ses formations, il place son public devant deux dilemmes quasi identiques. « Je n’en dis pas plus, car l’exercice fonctionne mieux quand on ne le connaît pas à l’avance », se justifie-t-il avec un clin d’œil. « Mais les participants sont toujours surpris de ne pas être aussi neutres qu’ils l’auraient pensé. »
Nous avons piqué votre curiosité ?
Dans sa Masterclass Diversité et Inclusion, Ali aborde des situations familières et procure conseils et outils pour mieux collaborer, donner du feedback et conserver les talents.
La formation aura lieu au printemps 2027. Prenez contact avec Jean-Denis Hennebert pour obtenir plus d’informations.